Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Diversifier les placements en 2018

Après une folle année 2017, les cours pulvérisent de nouveaux records. Le baril de pétrole est sur le point de franchir les 70 dollars. 2018 sera encore l'année des excès.
Les matières premières, comme le pétrole, tiennent la vedette sur les marchés mondiaux en battant, mois après mois, des records absolus.

ALUMINIUM, cuivre, zinc, or, caoutchouc... rien de très glamour, a priori. Et pourtant ce sont bien elles, les matières premières, qui tiennent la vedette sur les marchés mondiaux en battant, mois après mois, des records absolus. Le pétrole, bien sûr, cristallise toutes les inquiétudes. Hier à New York, le baril flirtait dangereusement avec les 70 dollars. Et tant que pèse, notamment, la menace de sanctions américaines contre l'Iran ou d'une guerre civile au Nigeria, premier producteur d'or noir en Afrique, l'angoisse ne quittera pas les marchés.
Mais il n'y a pas que le pétrole. Hier le cuivre a atteint un sommet à plus de 6 000 dollars la tonne, un niveau jamais atteint depuis sa première cotation dans les années...1870. Le cours de l'or a dépassé 1200 dollars l'once, son plus haut niveau depuis 5 ans, en progression de 40% sur un an. Quant à l'once d'argent, elle s'échangeait à plus de 12 dollars, un cours inégalé depuis 23 ans, qui couronne une progression de 35% depuis le début de l'année.


Le constat vaut également pour le zinc, l'aluminium ou le caoutchouc. Les matières premières – hors pétrole – affichent dans l'ensemble des taux de progression de plus de 30% quand le CAC 40 n'a gagné que 9,35% depuis le 1er janvier et le Dow Jones 4,32%. 2005 avait déjà été une année record et Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine et créateur de Cyclope, un organisme d'études spécialisé dans les matières premières prévoit que «2006 sera tout aussi passionnante». Cyclope parie ainsi sur le zinc (+ 44% par rapport au prix moyen de l'année dernière), l'aluminium (+ 36%), le caoutchouc (+ 28%), etc.


Diversifier les placements


Pourquoi un tel emballement ? D'abord la croissance mondiale, toujours forte, conjuguée aux craintes de pénurie d'offre continue de gonfler les prix. Mais ces denrées bénéficient aussi, l'or en est le meilleur exemple, de leur statut de «valeur refuge». En ces temps troublés, liés aux tensions au Proche-Orient, au dossier nucléaire iranien, à la possible propagation de la grippe aviaire et, surtout, sur fond de prix du pétrole toujours plus élevés, les fonds d'investissement, y compris les fonds de pension, cherchent à placer leur argent sur des marchés moins exposés. La chèreté des prix de l'énergie accroît les risques inflationnistes et les pousse à diversifier leurs portefeuilles. Même le sucre – il est vrai transformable en biocarburant – bat des records.
Pour l'heure, il n'y pas de raisons que la fièvre retombe. Jamais le globe n'a connu une telle période de croissance, si longue, si forte et qui concerne tant de pays. Les experts s'accordent à penser que la demande énergétique mondiale ira en s'accélérant au cours de la décennie à venir, sous la poussée des pays émergents.
A cet égard, tous les yeux sont braqués vers la Chine, sorte de «trou noir» dont on ne sait exactement – elle non plus d'ailleurs – quels sont ses besoins, ni le niveau de ses stocks. Mais il suffit qu'elle achète clandestinement du pétrole indonésien ou manipule maladroitement les cours du cuivre pour que les marchés s'affolent.

Les commentaires sont fermés.